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Tome troisième.
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248 CONSIDÉRATIONS

donnent à la nation entière une grande partd’intérêt dans la chose publique. De là vientqu’elle est plus instruite, et qu’au hasard il vau-droit mieux causer sur des questions politiquesavec un fermier anglois, qu’avec la plupart deshommes, même les plus éclairés, du continent.Cet admirable bon sens, qui se fonde sur la jus-tice et la sécurité , ne se trouve nulle part ail-leurs qu’en Angleterre, ou dans le pays qui luiressemble, l’Amérique . La pensée doit resterétrangère à des hommes qui n’ont point dedroits ; car, du moment qu’ils apercevraient lavérité, ils seraient malheureux , et bientôtaprès révoltés. Il faut convenir aussi que ,dans un pays où la force armée a presque tou-jours consisté dans la marine, et où le com-merce a été la principale occupation, il y anécessairement plus de lumières que là où ladéfense nationale est confiée aux troupes deligne , et où l’industrie s’est presque unique-ment tournée vers la culture de la terre. Lecommerce, mettant les hommes en relationavec les intérêts du monde, étend les idées,exerce le jugement, et fait sentir sans cesse,par la multiplicité et la diversité des transac-tions, la nécessité de la justice. Dans lespays où il n’y a que de l’agriculture, la masse