SUR Là RÉVOLUTION FRANÇOISE. 289affection d’une épouse. Lady Russel, qui ado-roit son mari, soutint néanmoins la présencede ses juges iniques et le barbare sophisme deleurs interrogations avec toute la présence d’es-prit que lui eommandoit l’espoir d’être utile :ce fut en vain. La sentence de mort étant pro-noncée, lady Russel alla se jeter aux pieds deCharles II , en l’implorant au nom de lord Sou-thampton, dont elle étoit la fille et qui s’étoitdévoué pour la cause de Charles I er . Mais le sou-venir des services rendus au père ne put riensur le fils j car sa frivolité ne l’empêchoit pasd’être cruel. Lord Russel, en se séparant de safemme pour marcher à l’échafaud, prononça cesparoles remarquables : « A présent la douleurde la mort est passée. » En effet, il y a telle affec-tion dont peut se composer toute l’existence.
On a publié des lettres de lady Russel écritesaprès la mort de son époux, dans lesquelles ontrouve l’empreinte de la plus profonde douleur,contenue par la résignation religieuse. Elle vécutpour élever ses enfans; elle vécut parce quellene se seroit pas permis de se donner la mort.A force de pleurer elle devint aveugle, et tou-jours le souvenir de celui qu’elle avoit tant aiméfut vivant dans son cœur. Elle eut un moment4e joie, quand la liberté s’établit en x6§8; laTome irr. 19,.