3oo CONSIDÉRATIONS
cette contrée : c’est l’esclavage encore subsistantdans les provinces du midi ; mais, quand le con-grès y aura trouvé remède , comment pourra-t-on refuser le plus profond respect aux in-stitutions des Etats-Unis ? D’où vient donc quebeaucoup d’Anglois se permettent de parleravec dédain d’un tel peuple ? « Ce sont desmarchands, » répètent-ils. Et comment lescourtisans du temps de Louis XIV s’expri-moient-ils sur les Anglois eux-mêmes ? Lesgens de la cour de Bonaparte aussi, que di-soient-ils? Les noblesses oisives ou uniquementoccupées du service des princes, ne dédaignent-elles pas cette magistrature héréditaire des An-glois , qui se fonde uniquement sur l’utilité dontelle est à la nation entière? Les Américains, ilest vrai, ont déclaré la guerre à l’Angleterredans un moment très-mal choisi par rapport àl’Europe ; car l’Angleterre , seule alors, com-battoit contre la puissance de Bonaparte. Maisl’Amérique n’a vu dans cette circonstance quece qui concernoit ses propres intérêts ; et on nepeut, certes, pas la soupçonner d’avoir voulufavoriser le système impérial. Les nations n’ensont pas encore à ce noble sentiment d’huma-nité qui s’étendroit d’une partie du monde àl’autre. On se hait entre voisins ; se connoit-on