SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE.
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CHAPITRE IX.
Tlne monarchie limitée peut-elle avoir d'autrei>
bases que celles de la constitution angloise ?
On trouve dans les œuvres de Swift un petitécrit intitulé les Conversations polies, qui ren-ferme toutes les idées communes dont se com-posent les entretiens du grand monde. Unhomme d’esprit avoit l’idée de faire le mêmetravail sur les entretiens politiques d’aujour-d’hui. « La constitution d’Angleterre ne con-vient qu’à des Anglois ; les François ne sontpas dignes qu’on leur donne de bonnes lois : ilfaut se garder des théories et s’en tenir à la pra-tique. » Qu’importe, dira-t-on, que ces phrasessoient fastidieuses, si elles renferment un sensVrai ? Mais ce qui les rend fastidieuses, c’estleur fausseté même. La vérité sur de certainsobjets ne devient jamais commune , quelquerépétée qu’elle soit ; car chaque homme qui ladit, la sent et l’exprime à sa manière ; mais lesmots d’ordre de l’esprit de parti sont, les signesIndubitables de la médiocrité. On est à peu prèss ûr qu’une conversation qui commence par ces