SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 33 7royale, les nobles secondent maintenant ledespotisme comme leur sauvegarde. On pour-voit dire avec raison que cet état de choses estUn argument contre la création d’une cham-bre des pairs, comme trop favorable au pouvoirde la couronne. Mais d’abord il est de la na-ture d’une chambre haute, en général, de s’ap-puyer au trône ; et l’opposition des grands sei-gneurs d’Angleterre est presque toujours en mi-norité. D’ailleurs on peut faire entrer dans unechambre des pairs beaucoup de nobles, amis dela liberté ; et ceux qui ne le seraient pas aujour-d’hui, le deviendraient, par le seul fait quel’exercice d’une grande magistrature éloigne dela vie de cour, et rattache aux intérêts de l’é-tat. Je ne craindrai point de professer un senti-ment que beaucoup de personnes appellerontaristocratique, mais dont toutes les circon-stances de la révolution françoise m’ont péné-trée : c’est que les nobles qui ont adopté la causedu gouvernement représentatif, et par consé-quent de l’égalité devant la loi, sont en généralles François les plus vertueux et les plus éclairésdont nous ayons encore à nous vanter. Ils réu-nissent , comme les Anglois, l’esprit de che-valerie à l’esprit de liberté ; ils ont de plus legénéreux avantage de fonder leur opinion surTome ni. 22.,
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