Band 
Tome premier.
Seite
172
JPEG-Download
 

CAMPAGNE DE l8ï2.

I72

Les autres corps de la grande armée fran-çaise reçurent ordre de continuer leurs mouve-ments. Le maréchal Oudinot, de Wilkomirz, sedirigea sur la Duna. Le roi de Naples , à la têtedu corps de cavalerie de Montbrun et des di-visions Friant et Gudin du corps de Davoust,dut poursuivre l’armée russe sur la route deSwentsiany ; il avait en soutien les colonnes dumaréchal Neÿ. Le général Nansouty, avec lesdivisions Bruyères et Saint-Germain, de son corpsde cavalerie, et la division Morand de celui deDavoust, fut poussé de Némenczin sur Mikha-lichki, pour tâcher d’isoler le corps de Doktorof,

nistratifs de son immense armée. Les vivres ne pouvaientsuivre sa marche rapide, et le pays dévasté et couvert deforets n’y suppléait point. Ses premiers pas furent de terri-bles pronostics : des pluies battantes abîmaient des che-vaux, qui n’avaient pour toute nourriture que du seigleverd ; 4 mille périrent en moins de trois marches, et lais-sèrent 120 canons et 5oo caissons dételés à Wilna. Le défautde vivres fournit prétexte aux pillards de battre les campa-gnes à vingt lieues à la ronde, et plus de 3o mille traînardsrépandaient déjà la désolation, six jours après l’entrée encampagne. Il faut ajouter à ce triste tableau que déjà ladissenterie menaçait de ses horribles ravages : les plus illus-tres personnages même n’en gtaient pas exempts. Bientôt 2 5mille moribonds encombrèrent les hôpitaux de Wilna ; lesvillages de Lithuanie on étaient remplis.