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Tome premier.
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CAMPAGNE DE ]8l3.

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le grand homme , n’osait se déclarer contre lui,dans ce moment solennel où revêtu des mar-ques les moins équivoques de la confiance dela patrie , il allait s’élancer dans la carrière im-mortelle que la Providence avait préparée à savieillesse.

La tâche réservée à Koutousof n’était pasfacile. L’armée n’était plus qu’à 170 werstes( 5 o lieues ) de Moscou . A cette distance de lacapitale, l’on ne pouvait la sauver que par unevictoire ; mais il n’était pas aisé de la rempor-ter, l’immense supériorité du nombre mettaitdu côté des ennemis toutes les chances avanta-geuses. Cependant la bataille était devenue in-dispensable. La perte de Smolensk avait répandula consternation dans l’intérieur de l’empire. SiNapoléon eût pu pousser un corps jusqu’à Mos-cou , avant que l’armée russe fût en mesure delui livrer une bataille générale, la consterna-tion eût été à son comble, et la nation découra-gée aurait peut-être regretté les sacrifices qu’elledevait faire à son indépendance ; l’opinion gé-nérale eût été qu’on avait livré la Russie entreles mains de la trahison ou de l’impéritie. Lestroupes croyaient fermement que la conservationde Moscou était un de leurs premiers devoirs ,et ne se seraient point résignées sans murmures