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CAMPAGNE DE l8ia.
latale, où l’enfer semblait avoir déchaîné toutesses fureurs. En vain les Russes se flattèrent d’ar-rêter les assaillants, en dirigeant contre eux unfeu des plus violents ! Les colonnes de Ney, se-condées de celles de Davoust, quoique mitrailléescruellement, resserraient leurs rangs éclaircispar les ravages du canon et de la fusillade desRusses , et continuaient leur mouvement avecune constance admirable. L’accroissement dudanger ne faisait que redoubler l’ardeur et labravoure du soldat français , foulant aux piedsles cadavres de ses camarades qui l’avaient pré-cédé dans le chemin de la gloire, pour s’élanceravec fureur sur les flèches.
Le prince Bagration , voyant que l’ennemi ga-gnait du terrain, ordonna à ses troupes de mar-cher à sa rencontre. Toute la ligne des colonnesde l'aile gauche des Russes s’ébranla au pas decharge, et vint croiser la baïonnette avec celledes ennemis. Le choc fut terrible. Aucun desdeux partis ne voulant céder la victoire qui sem-blait devoir dépendre de ce moment, il s’en sui-vit une mêlée affreuse, où, de part et d’autre , l’onépuisa les prodiges d’une valeur presque surnatu-relle. Fantassins, cavaliers, artilleurs des deuxpartis, confondus pêle-mêle, présentaient lespectacle horrible d’une masse informe de com-