CHAPITRE V.
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et ies ennemis, en le poursuivant, se seraienttrouvés en état de déboucher sur la grande routederrière l’armée russe, qui, coupée de Mojaïsk ,et rejetée dans l’angle formé par la Mosliwa etla Kolocza, se serait vue réduite à la position laplus déplorable. Il faut observer cependant queNapoléon se trouvait dans un pays qui lui étaittout-à-fait inconnu , sans cartes, et sans moyensde se procurer des guides sûrs , aussi n’osait-ilpresque jamais s’écarter de la grande route. Maissi cette raison peut l’excuser de n’avoir pas pousséses principales opérations sur le vieux cheminde Smolensk , en revanche rien ne peut le dis-culper d’avoir terminé, pour ainsi dire, la ba-taille à trois heures après-midi, dans un momentoù de nouveaux efforts de sa part n’auraient pumanquer de fixer la victoire de son côté. Lesdernières réserves des Russes se trouvaient déjàengagées, tandis que la vieille et la jeune gardede France , avec leur cavalerie, formant plus de20 mille hommes, n’avaient point encore pris depart au combat. Il est incontestable qu’en met-tant en action les 32 bataillons et les 27 escadrons,qui composaient ce corps d’élite, Napoléon eûtréussi à culbuter définitivement l’armée russe,et à décider sa déroute pendant les quatre heuresde jour qui restaient.