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Tome premier.
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CAMPAGNE DE 1 8l2.

taie? La réponse ne pouvant être qu’affirmative,il en résultait qu’il eût été inconséquent de ris-quer le plus pour le moins. Cependant, il étaitdifficile de se dissimuler que livrer une nouvellebataille, c’était s’exposer à une chance bien ha-sardeuse. L’armée russe, campée aux portes deMoscou , présentait à la vérité un total d’environ90 mille hommes sous les armes; mais il n’y avaitdans ce nombre que 65 mille hommes de vieillestroupes régulières, et 6 mille liosaques; le resteétait composé de recrues et de milices que l’onavait réparties, après la bataille, dans les diffé-rents corps. Plus de 10 mille de es miliciensn’avaient pas même de fusils, et n’étaient armésque de piques. Avec une armée composée d’élé-ments encore si imparfaits , aller affronter les120 mille hommes que Napoléon avait à sesordres, c’eût été s’exposer à une défaite tropprobable, et dont les résultats eussent été d’au-tant plus funestes que Moscou n’aurait pas man-qué alors de devenir le tombeau de l’armée russe,obligée dans sa retraite de défiler à travers lelabyrinthe des rues de cette immense ville.

Ces raisons semblaient devoir donner la pré-férence au sentiment du général Barlday ; maistout en souscrivant à son avis sur l’abandonde la capitale, l’on ne pouvait adopter la direc-