grande erreur de croire que l’ombre d’une chosepuisse tenir lieu de la réalité.
Siéyès répondit mal, fut réduit au silence,montra de l’indécision , de l’embarras ; cachait-il quelque vue profonde? était-il dupe de sapropre analyse? c’est ce qui sera toujours incer-tain ; quoiqu’il en soit, cette idée fut trouvée in-sensée. S’il eût commencé le développement detout son projet de constitution, par le titrede gouvernement, rien n’eût passé, il eût étédiscrédité tout d’abord; mais déjà tout étaitadopté en partie, sur la foi qu’on avait en lui.
L’adoption des formes purement républi-caines fut proposée : la création d’un prési-dent, à l’instar des États-Unis , le fut aussi; ce-lui-ci aurait le gouvernement de la républiquepour dix ans, et aurait le choix de ses mi-nistres, de son conseil-d’état et de tous lesagents de l’administration. Mais les circon-stances étaient telles, que l’on pensa qu’il fallaitencore déguiser la magistrature unique du pré-sident. On concilia les opinions diverses, encomposant un gouvernement de trois consuls,dont l’un serait le chef du gouvernement,aurait toute l’autorité, puisque seul il nom-mait à toutes les places, et seul avait voix dé-libérative; et les deux autres, ses conseillersnécessaires. Avceun premier consul, on avait l’a-