PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3^9
Permettez-moi de vous parler avec la franchise d’unsoldat, avec celle d’un citoyen zélé pour le Lien deson pays, et suspendez, je vous en prie , votre ju-gement jusqu’à ce que vous m’ayez entendu jusqu’àla fin.
J’étais tranquille à Paris , lorsque je reçus le décretdu conseil des anciens , qui me parla de ses dan-gers , de ceux de la république. A l’instant j’appelai ,je retrouvai mes frères d’armes , et nous vînmes vousdonner notre appui ; nous vînmes vous offrir lesbras de la nation, parce que vous en étiez la tête.Nos intentions furent pures , désintéressées ; et pourprix du dévouement que nous avons montré hier, au-jourd’hui déjà on 'nous abreuve de calomnies. Onparle d’un nouveau César , d’un nouveau Cromwel ;on répand que je veux établir un gouvernement mi-litaire.
Représentants du peuple, si j’avais voulu opprimerla liberté de mon pays, si j’avais voulu usurper l’au-torité suprême, je ne me serais pas rendu aux ordresque vous m’avez donnés, je n’aurais pas eu besoin derecevoir cette autorité du sénat. Plus d’une fois, etdans des circonstances très-favorables, j’ai été appeléà la prendre. Après nos triomphes en Italie , j’y ai étéappelé par le vœu de mes camarades, par celui de cessoldats qu’on a tant maltraités depuis qu’ils ne sontplus sous mes ordres ; de ces soldats qui sont obligésencore aujourd’hui, d’aller faire dans les déserts de1 ouest une guerre horrible, que la sagesse et le retour