MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
par la seule influence de la parole, une reli-gion consacrée par le temps. Il en faut davan-tage quand la nouvelle ne sert et n’allume au-cune passion.
Les progrès du christianisme furent le triom-phe des Grecs sur les Romains. Ces derniersavaient soumis, parla force des armes, toutesles républiques grecques; celles-ci dominèrentleurs vainqueurs par les sciences et les arts.Toutes les écoles de philosophie, d’éloquence,tous les ateliers de Rome étaient tenus par desGrecs. La jeunesse romaine ne croyait pas avoirterminé ses études, si elle n’était allée se per-fectionner à Athènes . Différentes circonstancesfavorisèrent encore la propagation de la reli-gion chrétienne . L’apothéose de César et d’Au-guste fut suivie de celles des plus abominablestyrans; cet abus de polythéisme rallia à l’idéed'un seul Dieu créateur et maître de l’univers.Socrate avait déjà proclamé cette grande vérité :le triomphe du christianisme, qui la lui em-prunta, fut, comme nous l’avons dit plus haut,une réaction des philosophes de la Grèce surleurs conquérants. Les saints pères étaient pres-que tous Grecs. La morale qu’ils prêchèrent futcelle de Platon . Toute la subtilité que l’on re-marque dans la théologie chrétienne, est dueà l’esprit des sophistes de son école.