MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
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dans le port d’Alexandrie, et, si son escadre ne pou-vait pas y entrer, de décharger promptement toutel'artillerie et tous les effets appartenant à l’armée deterre, et de se rendre à Corfou .
L’amiral ne crut pas pouvoir achever le débarque-ment dans la position où il était, étant mouillé dansle port d’Alexandrie sur des rochers, et plusieurs vais-seaux ayant déjà perdu leurs ancres ; il alla mouiller àAboukir , qui offrait un bon mouillage. J’envoyai desofficiers du génie et d’artillerie qui convinrent avecl’amiral que la terre ne pouvait lui donner aucuneprotection, et que, si les Anglais paraissaient pendantles deux ou trois jours qu’il fallait qu’il restât à Aboukir ,soit pour décharger notre artillerie, soit pour sonderet marquer la passe d’Alexandrie , il n’y avait pasd’autre parti à prendre que de couper ses cables, etqu’il était urgent de séjourner le moins possible àAboukir . *
Je suis parti d’Alexandrie dans la ferme croyanceque, sous trois jours, l’escadre serait entrée dans leport d’Alexandrie, ou aurait appareillé pour Corfou .Depuis le 18 messidor jusqu’au 6 thermidor, je n’aireçu aucune nouvelle ni de Rosette, ni d’Alexandrie ,ni de l’escadre. Une nuée d’Arabes, accourus de tousles points du désert, était constamment à cinq centstoises du camp. Le 9 thermidor, le bruit de nos vic-toires et différentes dispositions rouvrirent nos com-munications. Je reçus plusieurs lettres de l’amiral, oùje vis avec étonnement qu’il se trouvait encore à