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Tome cinquième.
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84 MÉMOIRES DE NAPOLÉON .

Turenne, Luxembourg , le prince Eugène, cou-vraient leurs sièges par des lignes de circon-vallation. L’exemple des anciens ne peut êtreune autorité pour nous; nos armes sont tropdifférentes des leurs. Celle des grands générauxdes XV e et XVI e siècles est plus respectable ;cependant les armées menaient alors en cam-pagne peu de canons, on ne connaissait pasl’usage des obusiers.

Les militaires qui ne veulent aucune ligne,point ou très-peu d’ouvrages de campagne,conseillent au général qui doit faire un siègede battre d’abord l’armée ennemie , de se ren-dre maître de la campagne ; ce conseil est sansdoute excellent, mais le siège peut durer quel-ques mois et l’ennemi revenir, au moment leplus décisif, au secours de la place ; mais ungénéral peut vouloir s’emparer d’une placeforte sans vouloir courir les chances d’une ba-taille ; flans ce cas, quelle conduite doit-iltenir?

Line armée qui veut faire un siège devantune armée ennemie, doit être assez forte pourpouvoir contenir l’armée de secours et faireen même temps le siège. Les ingénieurs de-mandent que le corps d’armée chargé du siègesoit sept fois plus nombreux que la garnison :si l’armée de secours est de 8o,ooo hommes,