MÉMOIHES DE NAPOLÉOft.
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de la paix de Dresde , qui avait causé les dé-sastres du maréchal de Belle-Isle, abandonnédans Prague ; la czarine s’essayait à intervenirdans les affaires de l’Europe ; elle était séduitepar Marie-Thérèse. Il est temps, disait-on àVienne, à Paris, à St.-Pétersbourg , de mettreun frein à l’ambition des puissances du secondordre. A la vue de cet orage, Frédéric s’appuyaà l’Angleterre , conclut avec elle un traité d’al-liance et s’assura de riches subsides. Cela fait, ilne perdit plus de temps, et dès l’été de jj56,voyant que ses ennemis dissimulaient encore,parce qu’ils n’étaient pas - prêts à entrer encampagne, il commença les hostilités sans dé-claration préalable , et envahit la Saxe enpleine paix. Son état militaire était considéra-blement augmenté : il avait eu dix ans pourmettre à profit l’expérience qu’il avait acquisedans les quatre campagnes de la guerre de lapragmatique-sanction, et les ressources que luiavaient apportées les riches provinces de Si-lésie . Il ne comptait pas moins de 120,000 hom-mes sous les armes, bien organisés, bien dis-ciplinés, très-mobiles, indépendamment desgarnisons, des dépôts, et de tous les moyensaccessoires pour entretenir une armée aussiconsidérable en activité, et réparer ses pertes.