POLITIQUE DU DIRECTOIRE. ?><]
sait et ou ne voulait pas les laisser aller. Ils re-nouvelèrent vainement la demande d’une escorteau commandant ; il leur répondit qu’ils n’avaientrien à craindre. Enfin ils partirent malgré la nuitet leurs inquiétudes.
A cent toises de la ville leurs voitures furentattaquées et arrêtées. La nuit était très obscure,leurs domestiques portaient des flambeaux. JeanDebry , qui était dans la première voiture, en futarraché; on le fouilla, on prit ses papiers, il re-çut de légers coups de sabre, tomba dans un fossé,on le crut mort. Bonnier et Roberjot éprou-vèrent d’abord le même traitement, ils furent en-suite massacrés; Roberjot reçut le coup morteldans les bras de sa femme, qui le défendit vai-nement en le couvrant de son corps. Les assas-sins parlaient français ; c’étaient évidemment desFrançais déguisés en hussards autrichiens. Ilsn’attaquèrent et ne sabrèrent que les ministres,et ne firent aucun mal aux secrétaires ni auxpersonnes de la suite.
Jean Debry passa la nuit dans le bois, et lelendemain retourna à Rastadt , chez le comtede Goertz, ministre prussien. Boccardi, ministreligurien, était dans la dernière voiture; il en-tendit le tumulte, les cris des mourants ; sesauva à pied avec son fils, et vint donner à Ras-tadt la première nouvelle de cet attentat inouï.