19,0 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
trois députés d’Utrecht parurent à l’assembléedes États. Il y eut discussion pour leur admission;le lendemain, les débats recommencèrent, et,malgré l’opposition stathoudérienne, les troisdéputés d’Utrecht furent admis, à la majorité dequatre voix contre deux. Cette majorité ne per-dit pas un moment pour annuler toutes les ré-solutions prises le io; et le même jour, sansdésemparer, elle ordonna au conseil-d’état d’in-former le général Van-Ryssel et les chefs desrégiments du changement qui venait de s’opérer.Malgré cet avantage, le parti patriote était loind’être assuré d’une victoire durable.
Le comb at changea de forme. Les Etats-générauxétaient devenus le véritable champ de bataille :on se battit à coups de députations. Amersfordenvoya trois nouveaux députés au secours desdeux quelle avait, afin de primer la députationd’Utrecht . Cette dernière ville avait prévu cettereprésaille, et en envoya quatre qui, joints auxtrois qu’elle avait envoyés, lui assuraient tou-jours la majorité de sept contre cinq. Mais laprovince de Frise, qui avait son gouvernementà part tout aristocratique, avait blâmé la con-duite de ses députés, leur avait donné des instruc-tions contraires; de sorte que la voix de cetteprovince passa du côté des stathoudériens, etque, lorsque les députations, fortifiées des deux