Band 
Tome sixième.
Seite
142
JPEG-Download
 

1^2 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

ils tombent sous le joug d’une grande servi-tude. Leur instinct les avertit des circonstancesqui peuvent les en délivrer. La révolution fran-çaise , qui se déclara l’année suivante, dut éveillerpuissamment les patriotes hollandais; ils durentvoir dans les Français , leurs anciens amis, denouveaux alliés qui pouvaient enfin devenir leurssauveurs. Mais la république de Hollande, oppri-mée par le Stathouder, par l’Angleterre et parla Prusse , était condamnée à faire partie d’unecoalition contre la France libre, avant de l’êtreà son tour. Sa sagesse, qui avait survécu à sonindépendance, protesta vainement au nom de lapatrie en danger, du besoin d’une complète neu-tralité ; le Stathouder , qui l’avait asservie, devaitla sauver en l’exposant à de nouveaux périls; etlui-même devait périr par les armes qu’il avait %employées contre elle, par une révolution. En-fin, il fallait que la Hollande fût conquise parla république française, pour devenir elle-mêmeune véritable république; ce qu’elle n’avait étéréellement qu’avant le stathoudérat; et depuis,avant l’hérédité dans la maison de Nassau-Orange.

L’anéantissement de la liberté hollandaise s’é-tait opéré en moins de vingt jours, sous lesyeux de la France. L’Europe eut une grande in-quiétude et ne douta point que le cabinet de