lG8 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
que le même jour. Les Anglais comptaient surun parti stathoudérien pour les aider à chasserles Français , et remettre la Hollande sous lejoug de la maison d’Orange. Ce temps n’était pasencore arrivé ; la lâcheté de la flotte qui venaitde se joindre à eux sans combat leur était uneforte raison d’espérer le succès; cependant laville d’Amsterdam était encore appelée à jouerun grand rôle dans les destinées de la patriehollandaise. A la nouvelle de la prise du Texelpar la flotte anglaise, que rien n’empèchait plusd’arriver sous ses murailles, elle arma toutes sesbatteries; elle ouvrit ses coffres, fit des levéesnationales; établit des défenses à l’aide des ca-naux; quarante chaloupes canonnières s’armèrentpar enchantement; les renforts de France accou-rurent, cette belle capitale fut sauvée. Malgrél’exemple donné par la marine nationale, et lesimmenses avantages que le commerce pouvait seflatter de retirer d’un rapprochement avec l’An-gleterre , l’amour du pays et la haine du Stathou-der prévalurent : c’était cependant une nationde marchands, mais elle eut avant tout la vertud’une nation libre et digne de l’être. Elle se levacontre les étrangers. Le général Brutle profitade l’élan national pour organiser des forces im-posantes. Non-seulement il arrêta les progrès del’ennemi, mais il le battit dans deux batailles