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Tome sixième.
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I72 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

attaquer. A Radstadt , ce fut la même chose;et l’intention ne fut douteuse pour personne,quand ou y vit arriver les deux négociateurs quiavaient rompu à Lille. Les révolutions de Rome et de l’Helvétie, par la force des armes, au mi-lieu de la négociation presque européenne deRadstadt , proclamèrent hautement le penchantdu Directoire pour la guerre.

Il craignait le retour des armées; il profitait,et il était jaloux de la gloire des généraux; il cher-chait à les désunir entre eux; il ne les laissaitpoint vieillir dans les commandements; il lesdestituait sous le moindre prétexte, et surtoutaprès de grands succès. Ainsi il avait rappeléChampionnet, après la conquête de Naples . Jou-bert, excellent général, avait trouvé sa destitutionà Turin , où il venait de rendre aux républicainsle service de détrôner un Roi; et c’est à cettecirconstance, plus peut-être qu’à ses talents, quece général dut qu’un parti, pendant l’expéditiond’Egypte , jeta les yeux sur lui, pour qu’il parvîntà se faire un grand nom en Italie , et qu’il put, àson retour, dicter la loi au Luxembourg .

L’expédition d’Égypte fut bien plus le résultatde la crainte que le Directoire avait de Napo-léon , que celui d’une politique grande, glorieuseet digne de la nation. Tout ce qui venait d’ho-norer la République était dû au général de l’ar-