iis l'exemple de la plus grande témérité ens’élançant au milieu des rangs ennemis, rien neput les arrêter. La blessure de Cathelineau sauvaNantes .
Ce qui nuisit toujours au parti royal, ce nefut pas les chances malheureuses de la guerre,qui appartiennent à tout le monde; ce lut lajalousie; elle était extrême entre les armées d’An-jou et de Poitou ; elle fut constante et se signalapar les plus grands désastres. C’est le propre desrévoltes : l’égalité des intérêts les commence,l’union des passions les continue, et le plus sou-vent elles finissent par la guerre civile, qui s’é-tablit dans les révoltes elles-mêmes. Charetteoccupait le pont Rousseau sur la rive gauche dela Loire . Le lendemain de la levée du siège, ilse battit encore dans ses positions depuis midijusqu’à six heures, et ne les évacua que dansla nuit, emmenant avec lui son artillerie; il eutl’audace de donner le signal de son départ auxNantais par quatre coups de canon, et prit tran-quillement la route de Legé , sans être poursuivipar les troupes de Canclaux , ce qui serait inex-plicable sans la faiblesse de la garnison. Mais cequi le serait encore davantage, pour quiconquen’aurait pas connu la rivalité des armées et desofficiers de la haute et de la basse Vendée , c’estl’ignorance où l’armée d’Anjou laissa Charette de