4 [f > MÉMOIRES OE NAPOLEON.
Je vous en demanderai egalement sur notre posi-tion à l’égard du Pape et des autres puissances del’Italie . Vous ne parcourrez pas leurs Etats ; mais vosconférences avec le général en chef et ses dignes coo-pérateurs vous mettront à portée de vous en formerune idée nette, et j’attends de votre zèle pour le bienpublic que vous voudrez bien me la communiquer.
Je vous suppose maintenant arrivé à Venise , ob-servant tous les grands personnages qui figurent surce théâtre, et traçant leurs portraits d’une touche aussiferme que facile. Votre voyage serait suffisammentutile quand il n’aboutirait, qu’à nous faire connaîtreles passions qui les animent, et les moyens de les fairetourner au profit de la République et de l’humanité.
Sans être spécialement chargé de négocier la paix,vous pourrez la préparer dans les entretiens que vousaurez avec les personnages influents. Nous y arrive-rions , sans contredit, beaucoup plus aisément, si nouspouvions offrir à l’Autriche des compensations conve-nables. Ce système des compensations admet une mul-titude de combinaisons que vous pourrez effleurerdans vos conversations, afin de démêler quelles sontcelles qui plairaient davantage. Essayons d’esquisserles principales :
i° Restituer à l’Autriche ce quelle possédait enItalie ; lui donner en Allemagne l’évêché de Salsbourg,la prévôté de Bergstoldgaben, l’évêché de Passau , àl’exception de la ville de ce nom, le haut Palatinat jusqu’à Nab; dédommager l’Électeur palatin vers leRhin . Voilà, sans contredit, la plus facile, celle qui