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MÉMOIRES DE: NAPOLÉON.
à une déclaration de guerre à la république de Venise :les hostilités qu’elle a commises autorisent le généralen chef à prendre toutes les mesures de rigueur queles circonstances exigeront.
Le général en chef choisira le moment qu’il croirale plus convenable pour notifier au sénat de Venise les arrangements pris avec Sa Majesté Impériale, etlui proposer de se réunir aux légations de Bologne ,de Ferrare et de la Romagne , en adoptant la consti-tution cispadane. Il peut arriver que le sénat refuse cetarrangement : dans ce cas, le général en chef doit tou-jours aller en avant, pour l’occupation de la terre-fermeet l’exécution des préliminaires.
Il est à craindre que les oligarques de Venise , quipossèdent des terres très-cdnsidérables dans les paysque doit occuper l’Empereur, ne soient tentés de li-vrer leur ville à ce prince, qui, par là, devenant unepuissance maritime, et acquérant une augmentationde population de près de deux cent mille aines, pour-rait porter des coups funestes à notre commerce duLevant, et menacerait avec plus de force la républiquelombarde. Pour éviter cet inconvénient, il convientd’épargner aux nobles vénitiens la crainte de perdreleur patrimoine, en stipulant la libre jouissance et dis-position de ce qu’eux, ainsi que les habitants desautres pays cédés, possèdent dans les pays qui sontou vont être soumis à l’Empereur. Il faut leur fairesentir l’intérêt qu’ils ont, pour la conservation de laportion de territoire qui doit leur rester, du crédit etdes jouissances de êhacun d’eux, d’adopter le gouver-