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Tome sixième.
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MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

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du Levant! Combien de fautes nous ferions, et qu’ellesseraient graves! que l’Autriche en profiterait! Et quediraient la France et la postérité de nous voir prodi-guer à la maison d’Autriche de pareils dédommage-ments pour cette Lombardie , qu’il vaudrait cent foismieux lui rendre que de la payer à ce prix ?

Calculons tout au pis, citoyen général; admettonsl’hypothèse que repoussent votre génie et la valeur devotre armée : supposons-nous vaincus et expulsés del’Italie . Alors, ne cédant qu’à la force et au hasard desarmes, notre honneur sera sauf, nous serons demeurésfidèles aux vrais intérêts de la France , et nous n’au-rons pas connivé à une perfidie, qui n’aurait pointd’excuse, puisqu’elle entraînerait dès effets plus sinis-tres que les chances de guerre les plus défavorables.

La seule objection qui nous aurait fait balancer,c’était de supposer qu’avec vos forces actuelles vousne seriez,pas en mesure de résister à celles que l’Em-pereur a eu le temps de'rassembler autour de vous.Mais d’abord songez que vos forces seraient moindresencore dans quelques mois, après la paix que nousaurions la honte et l’imprudence de conclure. Songezque ce serait alors que l’Autriche , placée par notrepropre fait au sein de l’Italie , pourrait nous prendreau dépourvu et nous détruire sans ressource.

Toute la question se réduit à savoir si nous vou-lons, si nous devons livrer l’Italie à l’Autriche . Or,le Gouvernement français ne le doit et ne le veutpas.

Ainsi donc, il préfère les chances de la guerre, plu-