de Pere de Famille. 411
íê peuvent changer au gré de celui qui les poíîéde ,ni de celui qui les soutire , fans le consentement detous les deux, quand même les changemens seroientplus utiles à l'autre voitin ; ce qui a été jugé parArrêt du 15. Août 1657. entre Marie Dupuy veuvede Jean Thierry , & Etienne Hardy , dans la ruedes Bernardins. Une maison avoit une cave souspartie d’une cour de la maison voisine , & à côté dede cette cave il y avoit de petits caveaux tant fur larue que sous cette cour avec un soupirail lur la mê-me cour pour y donner de la lumière, garni d’unepierre percée de cinq trous, posée d’aprèsle pavé dela cour. Le Maître de la cour voulût faire bâtir unemaison sur cette cave, & pour ce, faire élever un murau-deffus du mur qui íeparoit la cave & les caveaux,ausquels il laiísa deux soupiraux pour donner du jourde la rue dans cette cave , au lieu du soupirail qui yétoit, qu’il fit boucher. Le Maître de la cave en fitplainte, fur laquelle intervint Sentence du Châteletde Paris, le 15. Juin 1656. portant que le Maître dela cave seroit maintenu dans la jouïffance de la cave& de sos caveaux & du soupirail en question ; enjointau Maître de la cour de réparer les lieux, ainsi qu’ilsétoient avant l’cntreprise. Cette Sentence fût con-firmée par ledit Arrêt du z3. Août 1657.
9. Quelques Auteurs ont fait distinction de deuxsortes de destination de servitude ; l’une simple ,& l’autre double. Ils disont que la simple est, lorf-qu’un héritage tire tout son avantage de l’autie,comme de recevoir le jour & lâcher fes eaux dansicelui , fans souffrir aucune servitude réciproque ;qu’il faut préciíement que cette premiere destina-tion de servitude, soit par écrit : & la double des-tination est, lorsque les servitudes sont réciproques,comme si une maison a un égout & l’autre une vûë,
Dd 3