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Tome premier. Introduction.
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INTRODUCTION.

L’Autriche était à cette époque la puissance rnédi-terranée qui marquait le plus dans les affaires del’Europe ; on peut encore concevoir qu’elle alliât sesintérêts à ceux de l’Angleterre pour abaisser la France et pour augmenter l’influence de la maison impérialeen Italie et en Allemagne . Cependant il serait pos-sible de démontrer qu’une politique différente n’au-rait pas été si éloignée qu’on le croit des vraisintérêts de l’Autriche. Si le cabinet de Vienne avaitprotégé les efforts de la France , et aidé l’établisse-ment de sa prépondérance maritime sur les Anglais , ilaurait ainsi acquis sa part à la liberté du commerce ,à l’augmentation des richesses et de la prospérité despeuples du continent ; mais, ce qui était bien plus im-portant encore, il aurait dirigé la moitié de la popula-tion de la France , dans les colonies lointaines , ce quieût diminué son activité dans les guerres continen-tales (i). Enfin , si le ministère autrichien avait songéque ses bataillons fussent intervenus dans toutes lesaffaires coloniales des trois parties du monde, dès

vent réitérée à la domination des Anglais , Je ne suis guidé dansces réflexions par aucun sentiment national ou personnel; unSuisse doit estimer la nation anglaise, et peut trouver tout sim-ple qu’elle ait cherché à dominer sur les mers ; mais un Européen doit trouver aussi qu’il y aurait plus de bien-être et d’indépen-dance réelle sur le continent, si l’équilibre maritime existait.

(1) On objectera peut-être que la France , réunissant une grandeforce maritime à sa puissance continentale, aurait été dangereusepour l’Europe. Je crois que l’exemple de l’Espagne suffira pourprouver que des vastes possessions lointaines et une grande marineénervent les forces surlecontinnent. La France n’a jamais été plusplus redoutable pour ses voisins que quand elle a cessé de l’êtresur mer et dans l’Inde .