1 8 INTRODUCTION.
Le régent, redoutant les prétentions que Philippepourrait former au trône de France , se jeta dans lesbras de l’Angleterre : peut-être s’en serait-il tenu àcette faute , si Alberoni n’avait pas voulu se venger desdémarches faites pour le chasser du ministère, et s’iln’avait pas cherché à attenter à l’autorité et mêmeaux jours du duc d’Orléans. Mais la conspiration deCellamare renversa toutes les combinaisons; dès-lors lerégent ne garda plus de mesures, toutes les conve-nances furent foulées aux pieds ; la France ne laissapas seulement l’Espagne aux prises avec l’Angleterre ,et ne se borna pas à rester spectatrice impassible dudésastre de la marine espagnole au cap Passaro : lerégent fit plus ; entraîné par ses passions et par Dubois,qui s’était vendu à l’Angleterre ( 1 ) , il ne rougit pas defaire la guerre à Philippe V. Des troupes françaises pénétrant même en Biscaye , détruisirent les chantiersespagnols , brûlèrent des vaisseaux, de concert avecles Anglais . Quels résultats de la sanglante guerre de lasuccession 1 Quelle leçon pour les peuples et pour ceuxqui sont appelés à les régir!
Le renvoi d’Alberoni put seul éteindre cette guerre,allumée par l’imprudence et par des sentiments dehaines personnelles , indignes de grands princes.
La mort du régent et l’avénement de Louis XV au
(Il L’opinion générale accusa le cardinal d’avoir été vendu auxAnglais ; on a cru le justifier en disant qu’un premier ministre dispo-sant des trésors de France , n’avait pas besoin de pensions étran-gères, et ce raisonnement semble plausible. Sa liaison étroiteavec les Anglais était toutefois assez extraordinaire pour l’impu.ter aux guinées, car dans le mauvais état où se trouvaient les fi-nances de France , il eût été peut-être difficile de cacher de grossesdilapidations.