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on eut trop de confiance, ou auquel on n’en accordapasassez (î). Les opérations furent mal dirigées dansle principe , parce qu’on se borna à des demi-mesures,c’est-à-dire, au rôle d’auxiliaire de la Prusse et de laBavière. Frédéric-le-Grand débuta dans sa brillantecarrière par des victoires et par un abandon perfide deses alliés. Les revers de Ségur et de Belle-Isle furentune punition cruelle d’une entreprise lointaine exécu-tée avec des moyens insuffisants , et calculée sur dessecours étrangers. Le cardinal mourut au milieu de cesdésastres , expiant ainsi l’imprudence d’avoir conservéun rôle pénible et dangereux au-delà des bornes im-posées par la nature ; il avait gardé toute sa présenced’esprit jusqu’au dernier moment, mais il est douteuxqu'il en eût conservé toute la force.
La Hollande n’avait pris part aux premières annéesde cette guerre que par les subsides qu’elle payait aux:ennemis de la France , par des contingents qu’elle don-nait comme auxiliaire, affectant d’ailleurs de garderune neutralité illusoire et ridicule. Elle fut bientôt en-veloppée dans le tourbillon des événements.
Après la mort de son premier ministre, Louis XV annonça le projet régner par lui-même. Madame deChateauroux et le marquis d’Argenson ne tardèrentpas à partager ce fardeau avec lui. Les finances furent
(1) On a beaucoup loué et beaucoup blâmé les Belle-Isle etleurs projets. Dans ce dernier cas, on a été souvent injuste à leurégard, car on ne peut leur refuser du mérite : il ne faut jamaisjuger des projets d’un homme lorsqu’on ne lui laisse pas toute lati-tude pour les exécuter lui-même. Donner un beau plan à des minis-tres faibles, ou à des généraux médiocres, c’est s’exposer à des re-vers inévitables.