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Tome premier. Introduction.
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LIVRE I , CHAI*. I. 2?

Les fautes du cabinet de Versailles , à cette époque,lui furent plus funestes que les sanglantes défaites deLouis XIV ne l’avaient été à la fin de son règne : lestraités d’Utrecht et d’Aix-la-Chapelle en sont unepreuve suffisante; ils démontrent qu’une nation peutéprouver des revers, mais qu’une mauvaise administra-tion intérieure et un mauvais système fédératif sontplus nuisibles encore.

Le ministère de Versailles commença en 1755 uneguerre maritime , que les Anglais provoquèrent sansdoute par leurs excès, mais qu’ils n’excitèrent qued’après la connaissance qu’ils avaient du caractère despersonnages appelés à gouverner la France , et de l’étatoù ils avaient laissé tomber sa marine. Le mal eût étéréparé , si, avant la rupture , on s’était assuré l’allianced’une grande puissance maritime ; mais , au lieu decela, le cabinet de Versailles songea à chercher sur lecontinent de tristes indemnités pour ses pertes colo-niales : il imagina de frapper l’Angleterre dans l’élec-torat de Hanovre ! Pour atteindre plus sûrement sonbut, il conclut en 1756 et 1758 , ces fameux traitésd’alliance avec l’Autriche , qui durèrent jusqu’en 17 92,et qui furent le sujet de tant de controverses , et detant de déclamations à la tribune de l’Assemblée Natio-nale. Ces traités, s’ils eussent été fondés sur des avan-tages plus réciproques , auraient peut-être bien con-venu à la France , puisqu’il devait lui être avantageuxd’être appuyée par une grande puissance continentale,afin de diriger tous ses efforts et ses moyens du côtéde sa marine ; mais les stipulations de cet acte qui noussont connues jusqu’à ce jour , et principalement cellesdu traité supplémentaire de 1758, étaient tout entières