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LIVRE I, CHAP. II.
comme administrateur libéral et philanthrope, maiscomme ministre de Louis et chargé de veiller aux des-tinées d’une brillante monarchie, il encourut le re-proche d’imprudence.
Dans un siècle où l’esprit de fronde envers l’autoritéétait une vertu publique , quel qu’en fût d’ailleurs lemotif et la forme, il fallait beaucoup de génie et deforce pour tenir d’une main sûre les rênes de l’Etat :et sans doute qu’alors un Richelieu eût mieux valuqu’un philosophe genevois, pour arracher à tous lespartis les concessions nécessaires, et sauver l’immenseédifice social confié à ses soins.
Le système de Necker était de commander à l’opi-nion générale par la publicité des opérations, et l’onne peut pas plus nier les avantages de cette méthodeque méconnaître ses dangers dans des temps de trou-bles. Son Compte-rendu appela pour ainsi dire la dis-cussion publique sur les intérêts les plus élevés del’administration 5 mais si, en le publiant, il perdit laconfiance de la cour, si elle l’accusa de vouloir sepopulariser par ambition et aux dépens de l’autoritéroyale, sa retraite n’en fut pas moins un mal.
Necker obligé de quitter le ministère des finances , M.de Ca-
fut remplacé par M. de Calonne, qui administra ce lon,,ci y ’ * r remplace
département jusqu’en 1787 ; M. de vergennes étant Necker.toujours chargé des relations extérieures.
La réunion de ces deux hommes semblait assurerune navigation paisible au vaisseau de l’Etat. Le pre-mier d’un esprit vif, pénétrant, d’une éloquence peucommune, était, il est vrai, souvent entraîné par uneimagination trop ardente ; mais l’autre, sans être ungénie extraordinaire, avait des vues politiques sages ,