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Tome premier. Introduction.
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LIVRE I, CnAP. IT.

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général en chef soit le premier garant des succès , cechef gagnera des batailles sans résultats si la nation serefuse à des sacrifices devenus nécessaires, et il seracondamné comme le héros carthaginois à voir consumerson armée après la victoire.

De même les meilleures troupes du monde, conduitespar un homme faible et sans talents , ne doivent atten-dre que des revers. Les armées françaises après avoiréclipsé les bandes espagnoles et triomphé de celles ducélèbre Guillaume, perdirent aux champs de Itamillies,de Turin et de Hochstet, un lustre qu’elles reprirentsous le maréchal de Saxe, pour retomber dans le mé-pris sous ses successeurs.

Un bon état-major est surtout indispensable pourbien constituer une armée ; il faut le considérer commela pépinière où un général en chef doit puiser les in-struments dont il se sert; comme une réunion d’officiersdont les lumières doivent seconder les siennes. Quandil n’y a pas harmonie entre le génie qui commande etles talents de ceux qui doivent appliquer ses concep-tions , le succès devient douteux , car les combinaisonsles plus habiles sont détruites parles fautes d’exécution.Un bon état-major a d’ailleurs l’avantage d’être plusdurable que le génie d’un seul homme ; il peut remé-dier à bien des maux, et nous osons affirmer qu’il estla meilleure sauve-garde d’une armée. De petits inté-rêts de coterie , des vues étroites , un amour-propredéplacé , s’élèveront contre cette assertion, elle n’enrestera pas moins une vérité irrécusable pour tout mi-litairo pensant et tout homme d’Êtat éclairé ( 1 ). Un

(1) Je n’estime pas qu’un état-major soit bien institué par cela