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PIÈCES .IlSTlFICATIVKR.
N° 5.
Proclamation du Roi concernant les émigrations,du 14 octobre.
Le Roi, instruit qu’un grand nombre de Français quittent leurpatrie et se retirent sur les terres étrangères, n’a pu voir sans enêtre vivement affecté une émigration aussi considérable ; et quoi-que la loi permette à tous les Français la libre sortie du royaume,le Roi, dont la tendresse paternelle veille sans cesse pour l’intérêtgénéral et pour tous les intérêts particuliers, doit éclairer ceux quis’éloignent de leur patrie, sur leurs véritables devoirs et sur lesregrets qu’ils se préparent. S’il en était parmi eux qui fussent sé-duits par l’idée qu’ils donnent peut-être au Roi une preuve de leurattachement, qu’ils soient détrompés , et qu’ils sachent que le Roiregardera comme ses vrais, ses seuls amis, ceux qui se réunirontà lui pour maintenir et faire respecter les lois, pour rétablir l’ordreet la paix dans le royaume, et pour y fixer tous les genres de pros-périté auxquels la nature semble l’avoir destiné.
Lorsque le Roi a accepté la Constitution, il a voulu faire cesserles discordes civiles, rétablir l’autorité des lois, et assurer avec ellestous les droits de la liberté et de la propriété. 11 devait se flatterque tous les Français seconderaient ses desseins; cependant, c’està cette même époque que les émigrations ont semblé se multiplier.Une foule de citoyens abandonnent leur pays et leur Roi, et vontporter chez les nations voisines des richesses que sollicitent les be-soins de leurs concitoyens. Ainsi, lorsque le Roi cherche à rappelerla paix et le bonheur qui la suit, c’est alors que l’on croit devoirl’abandonner et lui refuser les secours qu’il a droit d’attendre detous. Le Roi n’ignore pas que plusieurs citoyens, des propriétairessurtout, n’ont quitté leur pays que parce qu’ils n’ont pas trouvédans l’autorité des lois la protection qui leur était due : son cœura gémi de ces désordres. Ne doit-on rien pardonner aux circons-tances? Le Roi lui-même, n’a-t-il pas eu des chagrins? et lorsqu’illes oublie pour ne s’occuper que du bonheur commun, n’a-t-il pasle droit d’attendre qu’on suive son exemple.
Comment l’empire des lois s’établirait-il, si tous les citoyens nese réunissent pas auprès du chef de l’État? Comment un ordre