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Tome premier. Introduction.
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PIÈCES JUSTIFICATIVES. 231

au contraire, de chercher à propager nos principes, et à souleverles peuples contre les autorités qui les gouvernent. Je sais queces accusations sont injustes, si on les fait porter sur la nation et legouvernement; mais il n’est que trop vrai que des individus,même des sociétés, ont cherché à établir dans cette vue, des corres-pondances chez des peuples voisins de nos frontières ; il n’est quetrop vrai, que presque tous les princes et presque tous les gouver-nements de l’Europe , sont périodiquement insultés dans les jour-, naux incendiaires. Croyez, Messieurs, que ces journaux et ceslibelles rendent odieux le nom français dans les pays étrangers.

Les véritables ennemis de la constitution et de notre repos ontgrand soin de les y faire parvenir ; et ce moyen est un de ceux qu’ilsemploient avec le plus de succès contre nous. Lorsque dans plu-sieurs occasions qui ne deviennent malheureusement que trop fré-quentes , j’ai porté des plaintes des vexations qu’avaient éprouvéesdes Français , ou même, lorsque j’ai voulu leur faciliter l’accès deslieux où leurs affaires les appelaient, on m’a répondu, en m’en-voyant quelques exemplaires de ces journaux, et eu me demandantsi on pouvait prendre trop de précautions contre les individus d’unenation qui tolérait une pareille licence. Cet état de choses vousparaîtra, sans doute , Messieurs, mériter de fixer votre attention.Mon dessein n’est pas de vous donner pour le moment des inquié-tudes que je n’éprouve pas moi-même ; mais chacun de vous sen-tira que si la France se maintenait dans une position qui seraitregardée comme injurieuse à la plus grande partie des puissancesde l’Europe , il serait imposible de ne pas prévoir des malheurs etpour nos relations commerciales, et même pour notre tranquillité.

Telle est, Messieurs, notre situation politique dans les rapportsgénéraux avec les puissances étrangères. J’espère que vous approu-verez les bornes dans lesquelles j’ai cru devoir me renfermer. Il estdes détails qu’une assemblée nombreuse, et pour sa propre dignité,et pour l’intérêt public, ne doit pas demander au ministre desaffaires étrangères. S’il parlait toujours en citoyen exempt decraintes , il inspirerait une confiance que quelquefois il ne parta-gerait pas, et s’il vous rapportait les détails journaliers de ses cor-respondances , il s’exposerait à provoquer une funeste défiance,sans aucune utilité pour la patrie.

Ces principes, Messieurs, ont toujours été la règle de ma con-duite; et après avoir, peut-être avec quelque courage, employé,