<5 HISTOIRE DES GUBRRES DB LA RÉVOLUTION.
méridionales où 12 mille hommes prêtèrent serment à Ca-therine. Cet événement joint à la dispersion du reste de l’ar-mée, ne laissait aucune probabilité de résistance.
Bien que la nouvelle diète assemblée à Grodno , sous l’in-fluence des confédérés de Targowitz, fut polonaise, l’espritde faction la déchirait, et si ses membres s’accordaient à dé-plorer les malheurs publics, chacun d’eux n’y voyait de re-mède que dans le triomphe de son parti. Catherine ne devaitdonc plus se dissimuler que la réaction ne remplirait point lebut des confédérés , et que le pouvoir mal affermi de tanis-las ne rallierait jamais les Polonais de 1791 à la constitutionde 1775. Elle ne pouvait oublier la domination des Jagellons à Moscou ; ni les menaces qui lui avaient été faites tout ré-cemment durant la guerre de Turquie . Enfin l’occasion quise présentait d’affranchir pour toujours son empire, de l’es-pèce d’interdit sous lequel il se trouvait placé par la situa-tion géographique de la république , était trop belle pour lalaisser échapper. Dans des circonstances si délicates, il n’yavait point à balancer sur le choix d’un parti ? Evacuer laPologne et la livrer à son sort, c’eût été détruire son ouvrageen exposant le nouveau gouvernement de Stanislas à un bou-leversement inévitable. D’ailleurs comment attendre du cabi-net de Pétersbourg une résolution qui eût rélégué son actionpolitique aux confins du Volga , ou à ceux du golfe de Both-nie? Fallait-il au contraire qu’il entretint une armée nom-breuse pour soutenir l’édifice des confédérés , et réduire larépublique à un état d’avilissement tel que celui dans lequelelle se trouvait plongée depuis un siècle; et pour l’avantagemême des deux nations, n’eût-il pas mieux valu l’agréger à la