LIVRE V, CH AP. XX. 9
Toutes les combinaisons de la prévoyance humaine signa- Energie delaient sa chute prochaine; et les conventionnels seuls, loin !ade se laisser abattre, semblables à des lions rugissants, re-doublaient d’énergie et de rage, à mesure qu’on leur décou-vrait un nouveau danger ou de nouveaux revers.
Le partage de la Pologne venait ajouter à ce sombre ta-bleau; mais en éclairant les Français de toutes les conditionssur le sort dont leur patrie était menacée, il opère, commeun talisman, le même miracle que le manifeste du duc deBrunswick produisit dans la campagne précédente : autori-sant en quelque sorte les atrocités commises par les Jacobins ,il leur donna même les apparences du plus saint des devoirs;fatale extrémité à laquelle une sage politique ne devrait ja-mais réduire les peuples. Comme l’indignation de subir deslois étrangères avait servi de prétexte aux hommes du 2 sep-tembre; de même la crainte de voir la France humiliée etdémembrée, ajoutant le puissant mobile du patriotisme, del’honneur et de l’indépendance, à l’effroi inspiré par le ré-gime de la terreur ; l’un et l’autre concoururent aux immen-ses résultats de cette campagne, dont nous essayons de retra-cer les événements.
Déjà la guerre a entièrement changé de but : les droits dela noblesse, la contre-révolution, la prérogative royale, ne«ont plus les motifs de la coalition; comme les droits du tiers-état ne sont plus les mobiles du parti républicain : les Roisvoient l’anarchie ébranlant tous les trônes; les Jacobins n’a-perçoivent de salut que dans l’anarchie, qui doit faire dechaque français un soldat, une victime ou un factieux. Lespremiers tremblent, qu’assimilés à Louis XVI , on ne leur