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LIVRE V, CIIAP. XXII. 119
De son côté le prince de Cobourg avait mis son armée encantonnements, son quartier-général à Bavay , et ses troupesréparties sur toute la ligne dans des positions qu’il serait inu-tile de rappeler. Bien qu’elles n’eussent pas fait grand pro-grès , elles étaient harassées par de petites marches et contre-marches multipliées sans objet : le mauvais temps et desdistributions irrégulières avaient éprouvé les hommes autantque les chevaux. Les Alliés espéraient que, reposés et ren-forcés à l’ouverture de la campagne suivante, ils pourraiententreprendre quelque opération importante avec plus desuccès.
Jourdan faillit être victime des conseils prudents qu’il Jourdan estavait donnés-: le déblocus de Landau, dont Pichcgru s’attri- re '" 1bua tout l’honneur, quoiqu’il fut en majeure partie l’ouvragede Hoche, venait de faire au premier une réputation gigan-tesque. Favori de Robespierre et de Saint-Just, Pichegru était destiné par les Décemvirs à commander au Nord , et onconnaît assez par quel moyen le comité se débarrassait deshommes qui le gênaient. Jourdan fut appelé à Paris ; déjà unmandat d’arrêt était lancé contrelui,lorsqueles commissairesqui l’avaient apprécié à l’armée, réclamèrent en sa faveur ; ilen fut quitte pour recevoir sa retraite, et peu de temps après,le commandement secondaire de l’armée de la Moselle.
Les reproches mêlés d’éloges que lui adressa Barrère dansson rapport du 5 février, purent paraître justes ; mais le co-mité jugea mal le successeur qu’il lui réservait, en supposantcelui-ci mieux en état d’apprécier les maximes de César,qu’on reprochait au vainqueur de Wattignies d’avoir négli*gées. Nous verrons au chapitre suivant que la délivrance de