122 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
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ses délégués avaient renouvelé les réquisitions de gardes na-tionales sédentaires, et les départements voisins se levaienten masse jusqu’à Besancon , pour marelier au secours de lafrontière menacée. Mais lorsqu’il eut connaissance du com-plot qui devait livrer Strasbourg , il y envoya Saint-Just etLebas, connus par leur féroce énergie. L’arrivée de ces deuiproconsuls couvrit toute l’Alsace d’un voile funèbre : le sangdes royalistes et des ennemis de la terreur y coula à grandsflots; partout où le corps de Coudé et les Autrichiens avaientséjourné, il fallut des victimes à ces délégués de la Monta-gne; car c’était un crime impardonnable à leurs yeux d’êtreresté dans ses foyers à l’approche des armées étrangères.Alors pour éviter les poursuites de ces hommes sanguinaires,un quart de la population de cette belle province émigra : laSuisse, le Brisgaw et les pays de Baden et de Darmstadt re-cueillirent les familles désolées, que la peur bien plus quel’esprit de parti forçait à s’expatrier, et qui ne tardèrent pasà être inscrites sur des tables de proscription.
Indépendamment de ces mesures révolutionnaires qui nedevaient agir que sur la population de l’Alsace , le comité desalut public voulant enfin expulser l’ennemi du territoire dela république, donna l’ordre à une forte division des Arden-nes de se rendre en toute diligenee à Sarre-Louis , et désigna,pour commander l’armée de la Moselle , le général Hoche quivenait de se faire remarquer à Dunkerque (1), et pour celle |
(i) Hoche , fils du garde du chenil de Louis XVI, était sergen Iaux gardes françaises au moment de la révolution. Doué d’un grand