10 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Mais avant d’entrer dans l’examen des débats diploma-tiques , qui eurent une issue si funeste, il convient d’abord deretracer les opérations militaires qui prolongèrent pendantquelques mois la lutte si contraire aux intérêts du continent.L’archiduc Nous avons dit, dans le chapitre L1X, que l’Archiduc,marche persuadé après l'affaire d’Ettlingen, qu’il n’était pas en me-Jourdan. sure d’arrêter la marche de l’armée du Rhin, avait résolu dediriger ses armées concentriquement vers Ratishonne, afin deles réunir pour se jeter d’abord avec la masse de ses forces surl’armée de Sambre-et-Meuse, et de revenir ensuite avec plusd’avantage contre celle de Moreau. Ce prince aurait pu sansdoute adopter, dans le principe, un plan qui eût sauvé l’Alle-magne d’une invasion désastreuse (1) : mais, après le combatde Neresheim, vers la fin de juillet, son projet était le plusopportun.
L’Archiduc avait ordonné à Wartensleben de ne point trops’engager ; et de se retirer avec ordre et fermeté jusque der-rière la Naab , où l’on a vu qu’il prit position le 18 août.
(i) Lorsque l’Archiduc combattit à Ettlingen, Wartenslebenétait à Friedberg en avant de Francfort. Il semble que le princepouvait réunir assez de forces pour combattre Moreau avec suc-cès , et pour assigner à Wartensleben une concentration sur leNecker ou sur Gmund, si cette bataille ne tournait pas à sonavantage. Je vais plus loin ; lorsqu’il partit de Walmerode , le26 juin, ce prince, certain d’arriver le 5 vers Rastadt avec sesrenforts, pouvait donner par un courrier,* l’ordre à Frcelich devenir le joindre en suivant la vallée de la Nagokl; afin de déci-der, après la réunion de ses moyens, s’il n’y avait pas possibilitéde forcer l’ennemi à repasser le Rhin avant de faire de concertavec Wartensleben une retraite concentrique jusqu’en Bohème.