LIVRE XI , Cil AP. I.XVI.
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(le proportion avec le corps de Werneck. Enfin, l’armée deMoreau, bien qu’assez mal équipée, était animée du meilleuresprit, et n’aspirait qu’après le moment de se mesurer denouveau avec l’ennemi.
Dans un tel état de choses, une pointe sur la Sarre ou laMoselle eût été téméraire. L’Arcbiduc, en passant le Rhin,n’eût point forcé Moreau, comme on l’a dit, à jeter son ar-mée dans les places : les garnisons françaises étaient faibles,à la vérité; mais, comme l’invasion d’une armée inférieureen nombre à celle qui se tient sur la défensive, n’est pasbeaucoup à craindre, les bataillons de dépôt et les gardesnationales eussent suffi pour garder les forteresses pendantle blocus. Ainsi, Moreau, après avoir pourvu à la défense decelles de première ligne, aurait eu 40 à 45 mille hommes encampagne; tandis que l’armée de Sambre-et-Meuse, fortede 70 mille combattants, se serait avancée sur le Meyn etmême surleNeeker, avec d’autant plus de sécurité, qu’encas de revers elle avait une retraite assurée sous le canon deDusseldorf ou de Neuwied. Outre l’infériorité du nombre, leprince Charles avait encore un autre désavantage ; Beurnon-ville ne comptait dans ses rangs que des troupes fraîches,bien reposées et parfaitement équipées; celles de l’Archiduc,au contraire, à l’exception de la cavalerie, abîmées de fatigues,étaient hors d’état d’opérer au-delà du Rhin, sans être, avanttout, pourvues des effets dont elles manquaient. D’ailleurs,quoique victorieuses, elles n’avaient pris aucun ascendantsur les républicains, qui, malgré leur retraite, conservaient,dans les tètes de pont d’Huningue, Kehl, Neuwied et Dussel-dorf, les plus belles chances pour reprendre l’offensive.