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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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8 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

nombre par de nouvelles constructions et par tous les trans-ports qu’on put rassembler.

Quelle que soit l’opinion des gens de l’art sur la possi-bilité d’une tentative sérieuse contre une nation aussi puis-sante sur mer, que redoutable chez elle par son patriotismeet son esprit belliqueux, il n’en est pas moins certain queles simulacres d’une descente obligaient l’Angleterre à despréparatifs de défense ruineux, à une activité fatigante pourses milices, ennuyeuse pour la nation, et décourageantepour son commerce.

La France au contraire, gagnait à réunir ses troupes dansdes camps, où l’émulation, la discipline et l’esprit guer-rier , s’entretiennent mieux que dans les garnisons. Le sur-croît de dépense que ces rassemblements lui coûtaient, étaitbien faible en proportion de celui auquel ils forçaient sesennemis.

Une flotille de bâtiments légers fut donc organisée à Bou-logne et dans les trois ports les plus voisins par les soinsde l’amiral Latoucbe ; elle se composait de neuf divisions.Plusieurs demi-brigades tirées de l’armée du Rhin et de laHollande, s’exercèrent à des simulacres d’embarquement etde débarquement. Toutes les voix de la renommée répandi-rent au loin le bruit de ces préparatifs, et se plurent à enexagérer l’importance.

Quoique le danger parût encore bien éloigné, l’Angle-terre n’eut garde de se reposer sur ses forces navales ; ellefit hérisser de batteries les points accessibles de la côte; tou-tes les milices perfectionnèrent leur instruction, et furentsoumises à un service plus actif : on acheva l’organisation des