LIVRE XVIII, CHAP. CX1I.
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Nous avons laissé Saint-Domingue au moment où le gé- Luttenéral Hédouville avait été forcé de se rembarquer (chapitre ToussaintLXXX). Ce commissaire du directoire , certain des relations Ct Rlgaud 'clandestines que Toussaint entretenait avec les Anglais, crutprudent avant son départ d’en donner avis au général Ri-gaudon l’engageant à rester fidèle à la république dans lapartie du Sud ; précaution qui devait amener quelques dis-sensions sans doute, mais dont l’effet devait naturellementbalancer l’influence de Toussaint, et le retenir dans les liensde la métropole.
Une guerre civile, non moins cruelle que celle de 1793,ne tarda pas à éclater entre des hommes si violents. Les ani-mosités de caste sont pires que celles qui résultent d’opinionspolitiques, et quand elles sont alimentées par des passionsafricaines, il n’est pas étonnant qu’elles présentent tous lessymptômes d’une barbarie sans frein. Les deux partis cou-rurent donc aux armes; les noirs de Toussaint, avec l’aveu-gle enthousiasme qu’ils avaient pour un chef presque tou-jours victorieux, et la haine qu’ils vouaient aux hommes decouleur : ceux-ci avec la rage que leur inspirait la seuleidée de passer sous le joug de ces Caffres qu’ils méprisaientet abhorraient.
Rigaud débuta par surprendre Léogane ,, sous prétexte Opérationsque cette ville devait appartenir à son commandement, de* «ulicnr!il y fit main-basse sur ses plus acharnés ennemis : s’étantemparé ensuite de Jérémie et des Goave, ses troupes y égor-gèrent sans pitié les agents des noirs et des Anglais. Tous-saint , non moins indigné de cet événement que de la résis-tance qu’on opposait à son autorité, concentre ses forces pour