PORTATIVES.
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Fabrication détaillée du Canon de Fusil de Soldatmo-dèle de 1777 dans les Manufactures royales d’Armesde guerre.
La méthode dont on se sert pour forger, le canon et le bien finir, est decommencer par faire une double maquette destinée pour deux canons desoldat, avant de pouvoir suivre la fabrication d’un seul.
Pour cet effet, on commence par faire casser le fer d’échantillon enmorceaux de longueur convenable , qu’on appelle bidons ( on se sert pourcela d’un casse-fer dit mouton qui est de fonte , et qui pèse de 620 à ( 35 olivres ). Si c’est pour des canons d’infanterie , ils doivent avoir 11 pouce*
3 lignes, et peser 11 livres à 12 livres 2 onces; on prend alors deux de cesbidons qui pèsent 22 livres à 22 livres 4 onces, que l’on met l’un surl’autre, et les prenant avec une pince par une de leurs extrémités, on pro-cède au corroyement qui se fait à la grande forge, à la houille, et avec ungros marteau, qui pèse ( lorsqu’il est de fer battu avec sa mise d’acier d’unpouce d’épaisseur ) 53 o à 55 o livres , et lorsqu’il est de fonte 34 o à 36 o liv. ;on en forme une double maquette de 3 pieds 8 pouces de longueur , 3pouces 9 lignes de largeur au milieu, et 2 pouces 6 lignes h ses extrémi-tés ; son épaisseur doit être de 6 lignes au milieu, et de 4 ligues à ses extré-mités.
Pour cette opéi'ation , il faut à la i rc chaude que le maquetteur donne *presque blanche , qu’il resserre sous le marteau les deux bidons , d’à peuprès la moitié de leur longueur, afin que la crasse ne puisse s’introduiraentre eux , et qu’il en étire un peu le bout.
A la deuxième chaude il les change de bout, et fait la même opération àl’autre moitié.
À la troisième il chauffe blanc soudant, soude et étire son fer, pour for-mer de ce côté la maquette à ses justes dimensions.
A la quatrième il fait la même opération de l’autre bout, et finit sa doublemaquette, qui pèse alors J 9 liv. 4 onc. à 19 liv. 8 onc., ce qui donne, àtrès-peu près, 2 liv. 12 onc. de déchet.
La double maquette est cassée à froid en 2 parties égales , quelquefois aumarteau à main , ce qui est long et pénible; 011 se sert plus ordinairementdu même casse-fer que pour les barres à canon, ce qui réduit la simplemaquette à 9 liv. 10 à 12 onces.
Les maquettes étant ainsi cassées, lorsqu’on veut faire les lames, le ma-quetteur met le gros bout des maquettes au feu de la même forge ; à la pre-mière chaude, qui doit être rouge tirant sur le blanc, il les étire ou laminesous un martinet de fer battu, pesant, avec sa mise d’acier d’un pouce d’é-paisseur, 200 à 220 livres , et il les met aux dimensions du derrière de labune ; à la deuxième chaude il fait la même opération pour le devant debi lame.
Ltant finies, elles doivent avoir chacune 3 pieds de longueur , 5 poncesde largeur au derrière, et 3 pouces 3 lignes au-devânt; leur épaisseur auv errière doit être de 5 lignes dans les milieux, et de 2 lignes (> points audevant, aussi dans le milieu, les bords étant amincis dans toute leur Ion-geur en biseau ; elles doivent peser alors 9 liv. 7 à 8 onces.
es âmes, avant d’être distribuées aux canonniers, sont visitées par uncontre eur, et marquées du poinçon d’acceptation dès qu’il s’est assuré5 * 35 *