552 ARMES A FEU
se donne à environ 8 pouces du derrière; la seconde à 3 pouces de la première«n avançant vers la bouche : les chaudes se donnent ainsi successivementde 3 en 3 pouces.
Ou ne donne qu’une seule chaude de 3 en 3 pouces sur la soudure • onfrappe seulement sur les reins pour les arrondir : on continue de souder dela même manière jusqu’à la bouche du canon ; le devant soudé, on retournele canon, et on soude le tonnerre par les mêmes procédés. Les partisansde cette soudure, par rapprochement, prétendent que par ce procédé onpurge mieux le fer des matières étrangères : il est suivi à Tulle et en Italie .
Le canon soudé, le canonnier le visite , et s’il y reconnaît des défauts , illes corrige de la manière suivante. S’il est inégal au derrière , ce qui arrivefréquemment, il place intérieurement une petite lame de fer du coté faible,et if l’y fixe par une chaude soudante. Lorsqu’il découvre des doubluresextérieures, il les entr’ouvre avec un petit cisean, et il y place un petitmorceau de fer qu’il y fixe également par une chaude soudante. Cela fini,le canon est remis au feu, et commençant à 6 ou 8 pouces de la bouche, onlui donne de a en 2 pouces des chaudes blanches, en allant d’abord jus-qu’au tonnerre, et ensuite en reprenant du point où l’on avait commencé ,et avançant jusqu’à la bouche.
Le canon de forge pèse de 8 à g liv.
A Saint-Etienne , on repasse le canon comme on l’a dit dans la note pré-cédente, sans mettre de broche dans l’ame, ce qui fait que cette ame estplus resserrée, et que, pour la mettre au calibre,'il faut y passer 3 o foretsau lien de 22. Celte méthode fait consommer plus de fer ; mais le canon estplus propre à être mieux dressé.
Le dressage , qui consiste en ce que le canon soit intérieurement et exté-rieurement en ligne droite , que le fer soit également réparti dans Chaquecoupe sur sa longueur, que le cylindre vérificateur parcoure l’ame avec lemême vent, que la paroi de cette ame soit bien polie, sans tache, sans an-pelure , et le dehors du canon bien uni, sans criques, pailles , travers etondulations ; ce dressage , dis-je , s’obtient à Saint-Etienne sans le secoursdu cordeau et du compas d’épaisseur. Le dresseur dirige son canon sanscuîas se au bord supérieur d’une fenêtre, en sorte que l’intérieur soit ennartie dUns l’ombre coupée d’un rayon de jour qu’il promène sur toute laaroi intérieure et sur l’extérieur de ce canon; ce moyen indique à son œilexercé tout ce qui manque à la perfection de cette pièce, et le marteau ,l’enclume , le foret fendu , le bois à dresser, l’aiguisage , servent à la luidonner complètement.
D’ailleurs le dressage extérieur est peu de chose depuis l’invention de lamachine à tourner les canons, inventée parle contrôleur Javelle. Ce moyenfait obtenir 4 fo> s P* us canons dressés dans le même temps que les pro-cédés suivis ailleurs ; un enfant conduit la machine, ce qui est économiquedu - au - de la main-d’œuvre. L’entrepreneur estime ses tours 9000 francsl’un ; il en a 6 (i).
(t) Si on persiste à vouloir suivre, à Saint-Etienne et à Tulle , ce mode de tirer lalame du canon non de bidons, mais d’une barre de fer, 1] faut s’en procurer detrès-épure : et pour cela, il faut le tirer d’une loupe provenant d’une très-bonne fonte :que cette loupe, même travaillée sous un martinet de 5 a hoo livres , ne pesé qu’en-viron Co livres , et non 90 à 100 livres , comme celles d ou l on lire les fers du com-merce. 11 faut, pour étirer la lame à la manufacture, uu martinet ue 100 livres au