SAP.
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Quand les quatre premiers sapeurs sont las et qu’ils ont travaille une Jieureou deux de force, Us appellent les quatre autres, lesquels prennent la place des
premiers et travaittent de meme force, jusqu’a ce qua la lassitude les oblige a rappeler
les autres; obsewant que celui qui a mene la tete, prend la queue des quatre, a
la premiere reprise du travail; car chacun d’eux doit mener la tete d son tour ,
et poser une pareille quantite de gabions, afin d’egaler le peril et le travail. De cettefacon, on fait une grande diligence a la continue, quand la sape est lienfoumie.
Au surplus, on marche a la sape non-seulement en avant, mais aussi a c6te, sur lesprolongemervs de la droite et de la gauche; et pour Vordinaire, on voit des quatre,cinq et six sapes dans une seule tranckee, qui toutes cheminent a leur fin.
Dans le meme temps celui qui dirige les sapeurs doit avoir soin defaire servir desgabions et fascines a la tete des sapes ; ce qui se fait par l’ intervention de celui quicommande la tranckee , qui luifait fournir le monde dont il a besoin.
Le moyen d'etre Men servi serait de donner six deniers de chaque fascine portee de
la queue des tranchees a la tete des sapes, sur-le-champ a la fin des voyages, on d’une
certaine quantite; chaque soldat en pent aisement porter trois, et fazre trois ou
quatre voyages. II faudrait par la meme raison donner un sou des gabions; en
observant cette petite liberalite, les sapes seraient toujours Men et aisement servies.
Sil’on ne peut // es f encore a remarquer que quand on a affaire a des ennemis un peu eveilUs, itscheminer de jour, . , , . v ,
on s’en dedom- canonnent la tete des sapes avant que votre canon tire, de mamere que souvent on est
mage pendant la abandonner; mais si on le fait de jour, on s’en dedommage pendant
la nuit.*
A mesure que la sape avance, on fait garnir celle qui est faite par les travailleurs de latranckee qui Velargissent, jusqu’a ce qu’elle ait dix a douze pieds de large sur trois deprofondeur; pour lors elle change de nom , et s’appelle tranchee , si elle sert de cheminpour alter a la place; mais on la nomme place d'armes, si elle lui fait face, et qu’ellesoil disposee pour y poser des troupes.
Prii de la sape. Le prix plus raisonnable de la sape, doit etre de
40 sols la toise courante au commencement, savoir tout le lo?ig du travail de lascconde place d’armes, et ce qui s’en trouve entre elle et la troisieme.
2 liv. 10 s. pour la troisieme place d’armes et le travail jusqu’au pied du glacis .
3 liv. pour celle qui se fait sur le plat du glacis.
3 liv. 10 s. pour celle qu’on fait sur le haut du chemin couvert.
5 liv. pour celle qui entre dans ledit chemin couvert.
10 liv. pour celle gu’on fait au passage des fosses secs.
20 liv. s’ils sont pleins d’eau.
Et quand elle sera double, comme cela arrive quelquefois, il faudra la payer double,selon les endroits ou on la fera. A Vegard de celle qui se fera dans les breches desbastions et demi-lunes, elle n’a point de prix regie, parce qu’elle est exposee a tout ceque la place a de phis dangereux. C’est pourquoi selon le peril auquel ils serontexposes, il faudra donner ce gu’on jugera a propos.
Le toise se doitfaire par un seul ingehieur prepose pour cela a chacune des attaques.Le meme fait le compte des brigades en presence des ojficiers et sergens, qui ont soinapres defaire distribuer aux escouades ce qui leur revient; c’est pourquoi ils doiventcontrdler tons les jours ce que chacune aura fait d’ouvrage, de concert avec I’ingehieurRetenue sur le f era ^ oise ' s t mr desquelsje suis d’avis de retenir un dixieme pour les
prix des tois£s. ojficiers et sergens, afin de les rendre plus exacts a relever etfaire servir les sapes.
En observant cet ordre , comme tous seront interesses a ce travail, il ne faut pasdouter qu’il ne se pousse avec toute la diligence possible, car tout le monde veutgagner.
* En posant quelques gabions a d£couvert dans le temps que le feu est lent.