GRAVITATION. 189
orient, aussi bien dans leurs orbites que sur leur axe derotation; qu’il en est de même de leurs satellites; enfin,que les planètes s’écartent peu de l’écliptique, M. de La-place a calculé quil y a plus de 187 milliards à parier contreun, que les mouvements des planètes et de leurs satellites nesont pas l’effet du hasard, et qu’ils ont été produits par unecause commune. Il n’y a aucun fait historique, même parmiceux qu’on regarde comme le mieux constatés, qui soitaussi probable que ce fait physique. Il faut donc accorderqu’il existe une ç^use originaire qui a lancé toutes les pla-nètes dans l’espace, sans qu’011 en puisse assigner ni l’épo-que , ni la nature ; mais on peut, par les lois de Képler,remonter à celle qui a changé cette impulsion en un mou-vement de révolution périodique , et c’est ce qui nous resteà exposer.
Gravitation universelle, pesanteur, préeession,nutation, marées, etc.
93 . Si une impulsion agit sur un corps que n’arrête au-cune résistance, que n’anime aucune autre force, le mou-vement sera éternel, uniforme et rectiligne, e’est-cà-direque le corps décrira une droite indéfinie avec une vitesseconstante. Cette vérité n’étonne que ceux qui ignorent leséléments de la Mécanique. Environnés par mille causesqui modifient les mouvements que nous imprimons, nousnous habituons à regarder ces causes comme inséparablesdu mouvement, et nous avons peine à nous soumettre auxabstractions qui rendent à la matière son inertie. La pesan-teur, qui ramène tous les projectiles vers la Terre , en ac-célérant leur chute ; l'air, qui résiste au mouvement danstous les sens et diminue la vitesse, sont des obstacles quipourraient ne pas exister. L’action de ces puissances, lors-qu’elle a lieu, doit être examinée à part et soumise aux loisqui lui sont propres.
Si donc les planètes circulent dans les ellipses, ces corpsne peuvent être mus de la sorte en vertu d’une impulsion