PARALLAXE ET DISTANCE DES ÉTOILES.
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En mettant en œuvre des lunettes puissantes et des procédésd’observation d’une délicatesse extrême, Bessel et Struve réus-sirent les premiers à suivre deux étoiles (la 61 e du Cygne et ade la Lyre) dans les ellipses qu’elles parcourent, sur la voûtecéleste, à mesure que la Terre avance dans sa propre orbite.Lorsqu’on trace, de jour en jour, sur un dessin d’échelle suffi-sante, les positions observées de ces étoiles, et qu’on place, àcôté, les ellipses qu’elles doivent décrire, d’après la théorie desmouvements apparents, si la Terre se meut, il est impossiblede ne pas être frappé de leur identité : c’est comme si on voyaitmarcher la Terre. Le demi-grand axe de l’ellipse ainsi décritepar la 61 e du Cygne est égal au rayon de l’orbite terrestre;mais, vu de la Terre, il ne sous-tend qu’un angle de 0",37.
Aberration. — La vitesse de la lumière, si grande qu’ellesoit, n’est pas hors de toute proportion avec celle du mouve-ment de translation de la Terre. Soit R le rayon de l’orbite ter-restre que nous pouvons ici considérer comme un cercle : en8 m 18% la lumière parcourt une distance égale à R, et, en un ande 365',25638, la Terre parcourt la circonférence entière ou
2-nR. L’espace parcouru en V est ^ pour la lumière, et365 25638^x 86400 P om Perre - Pe rapport des deux vitesses
° St 36 5725638X86400 ° U * a treS ' PeU P reS *
Cela posé, voyons ce qui résultera de la combinaison de cesdeux vitesses. Si la Terre restait immobile en T (fig. 114), uneétoile placée sur la ligne TE serait vue dans la direction decette droite, quelle que puisse être la vitesse de la lumière ;mais si la Terre se meut dans son orbite avec une vitesse10000 fois moindre, le mouvement de la lumière se com-posera avec celui de la Terre suivant la loi du parallélo-gramme des vitesses ou des forces, et au lieu de voir l’étoilesuivant sa vraie direction TE, nous la verrons suivant uneautre direction TE' qu’il est facile de déterminer. Portez,sur le prolongement Ta de l’élément rectiligne parcouru
* N est facile de déduire des nombres précédents qu’en une seconde lalumière parcourt 77 000 lieues et la Terre 7,7 lieues environ.
COSMOGRAPHIE, 24