ÉTOILES DOUBLES.
37o
terrestre ne sous-tendrait pour nous qu’un angle de O",37 (p. 369).Leur écartement angulaire de 16" étant -^=43 fois environplus grand, il en résulte que la distance linéaire qui sépare lesétoiles composantes de ce système est égale à 43 rayons de l’or-bite terrestre. Or l’étendue de notre propre système solaire nousprouve que l’attraction du Soleil se fait sentir à des distancesde cet ordre et môme bien au delà. Si donc les étoiles sontdouées, comme le Soleil et comme toute matière, d’une forced’attraction proportionnelle à leurs masses, les deux composantesde la 61 e du Cygne doivent l’exercer l’une sur l’autre d’unemanière très-sensible *, par conséquent tomber l’une vers l’autreavec une vitesse croissante, jusqu’à ce qu’elles se soient réuniesen une seule masse. Or elles ne se sont point réunies ainsi enune seule masse : donc elles circulent l’une autour de l’autre.Il n’y a point d’autre alternative, et la conclusion est forcée.Cette conclusion est justifiée par les faits. Depuis qu’on observeles positions relatives de ces deux étoiles voisines, on a constatédes changements qui ne permettent plus de douter qu’ellesne forment un système analogue à celui du Soleil et d’uneplanète, ou d’une planète et d’un satellite. La seule différence,c’est qu’il s’agit ici de deux soleils à peu près égaux qui circu-lent l’un autour de l’autre, ou plutôt autour de leur centre degravité commun. Si leurs attractions mutuelles varient, commedans le système solaire, en raison inverse du carré de la dis-tance, les courbes décrites par ces soleils autour de leur centrede gravité seront, en vertu des lois de Képler, des ellipses sem-blables dont ce point occupera un foyer, et les aires décritespar les rayons vecteurs croîtront proportionnellement au temps.En raisonnant dans cette hypothèse, suggérée par les analogiesles plus naturelles, un astronome français, feu M. Savary, estparvenu à soumettre au calcul les mouvements d’une étoiledouble (? de la Grande-Ourse), à déterminer le temps de la ré-
* A moins que leurs masses ne soient excessivement faibles. Mais celtesupposition est incompatible avee l’idée que les analogies les mieux fondéesnous autorisent à nous former des étoiles.
H est inutile d’ajouter que si les étoiles ne sont doubles qu’optiquement,elles n’exerceront l’une sur l’autre aucune action sensible, et ne présente-ront point de mouvements de révolution autour d’un centre commun.