AMAS D’ÉTOILES ET NÉBULEUSES.
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ces objets sont d’une faiblesse d’éclat extrême. S’ils sont com-posés d’étoiles accumulées, leur distance doit être prodigieuse,et ce serait sans doute par milliers d’années qu’il faudraitcompter le temps que la lumière met à la parcourir.
Enfin on a pensé, et c’est assurément une idée hardie etbrillante, que la Voie lactée n’est autre chose qu’une grandenébuleuse dont notre Soleil fait partie.
Voie lactée. — C’est une zone brillante, irrégulière, qui di-vise la sphère céleste en deux parties à peu près égales, et dontl’éclat est dû à l’agglomération d’un nombre incalculable depetites étoiles. Prises isolément, ces petites étoiles seraient in-visibles à l’œil nu, mais, accumulées sur une zone étroite de lavoûte céleste, elles donnent à cette zone l’aspect d’une nébulo-sité blanchâtre tout à fait analogue à celui des amas d’étoilesou des nébuleuses dont il vient d’être question.
Supposez que les étoiles qui nous entourent soient dissémi-nées, comme les planètes, à peu près sur un même plan, ou dumoins dans l’espace compris entre deux plans indéfinis et pa-rallèles, de manière à former une sorte de couche d’étoiles, très-aplatie dans un sens, mais très-étendue dans tous les autres.Un spectateur, placé au milieu de cetle couche, verra un très-grand nombre d’étoiles accumulées dans toutes les directionspeu inclinées aux plans qui la limitent, tandis qu’il en verrafort peu dans la direction perpendiculaire à la couche. La per-spective générale de cette couche, sur la sphère céleste dont lespectateur occupe le centre, présentera donc une zone où lesétoiles seront accumulées en grand nombre ; partout ailleursle ciel semblera pauvre et dégarni. On peut dire que la Voielactée est le zodiaque des étoiles (p. 334). Supposons maintenantque le spectateur s’éloigne de cette immense couche, au milieu delaquelle nous l’avions d’abord placé; la perspective changera unpeu : au lieu de dessiner un grand cercle de la voûte céleste, laVoie lactée ne paraîtra plus former qu’un petit cercle, dont lerayon sphérique ira en diminuant à mesure que le point devue s’éloignera. Enfin, si la dislance devient très-grande parrapport aux dimensions de cet amas d’étoiles, sa perspectivese réduira à une nébulosité circulaire assez semblable à celle dun° 3 de la figure 115. Faut-il donc conclure de là que la Voielactée est notre Voie lactée, et que les habitants de la nébuleuse