LA RUE DU CAIRE
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caractéristiques depuis l’époque lointaine de Tou-loun jusqu’au siècle dernier. Le principe n’en aguère changé à travers les temps : c’est toujoursun rez-de-chaussée à porte basse, un étage en en-corbellement, dont les fenêtres sont masquées pardes moucharabis, et une terrasse avec des crêtes sedécoupant sur le ciel. Tantôt la saillie de l’étagerepose tout bonnement sur les poutres dépassantle mur du rez-de-chaussée, tantôt ces bouts depoutre grossiers sont transformés en corbeaux plusou moins historiés.
« Le mérite de cette reproduction revient toutentier à M. le baron Delort, premier député de lanation française au Caire. Il n’a voulu d’aide quedans la conduite des travaux, pour laquelle il s’estassocié un jeune architecte, M. Gillet. C’est luid’abord qui, aidé de quelques amis, a constitué lesfonds de l’exposition égyptienne, laquelle est touteprivée. C’est lui ensuite qui a collectionné les mou-charabis et choisi avec un goût si pur les types àreproduire. Les moucharabis sont d’ingénieux gril-lages en bois s’avançant en balcons sur la rue, quine laissent pénétrer dans les appartements qu’undemi-jour et qui permettent aux femmes de voirsans être vues. Ceux que vous trouverez là n’ontpas été faits pour la circonstance ; ils proviennentde maisons démolies. De même, il n’est pas un desornements employés qui n’ait été moulé sur quel-que monument. Le minaret est la copie, moins unétage, du minaret de Ivaïd-Bey, un chef-d’œuvre duquinzième siècle renommé pour la richesse de sesdétails.
« Les faïences qui forment inscription au-dessusde l’une des portes ont été arrachées par des mains